Alpha, Bravo, Charlie… ça vous rappelle certainement quelque chose, même de façon vague. Si vous êtes un inconditionnel des films mettant en scène l’armée, vous reconnaissez forcément ces codes. Ils sont aussi populaires dans les jeux de guerre. Seulement, étant donné que vous n’êtes pas militaire, ces mots vous paraissent énigmatiques. Voici tout ce que vous devez savoir à propos de l’alphabet militaire.

Origine de l’alphabet militaire : quelle est l’histoire ?
En 1927, le premier alphabet phonétique reconnu a été adopté. Avant la Seconde Guerre mondiale, le premier alphabet militaire a fait son apparition.
C’est en 1941 que les États-Unis ont adoptent l’alphabet radiotéléphonique appelé Joint Army/Navy pour normaliser leurs communications entre les différentes armées.
D’autres pays ont ensuite adopté leur propre version d’alphabet pour respecter les spécificités linguistiques. Par exemple, l‘alphabet militaire italien compte 21 lettres.
La Royal Air Force britannique utilise un alphabet similaire à celui des États-Unis. Initialement créé par les USA, ce système a été renommé Able Baker. Afin d’améliorer la communication entre les nations alliées, les armées américaines, britanniques et australiennes ont adopté cet alphabet en 1943.
Notez que toutes les nations qui se sont dotées d’une armée utilisent l’alphabet militaire. Voyons deux exemples de ce mode de communication.
L’alphabet militaire français
En hexagone, l’alphabet phonétique français comprend 26 lettres et autant de noms associés.
« A : anatole ; B : berthe ; C : célestine ; D : désiré ; E : eugène ; F : françois ; G : gaston ; H : henri ; I : irma ; J : joseph ; K : kléber ; L : louis ; M : marcel ; N : nicolas ; O : oscar ; P : pierre ; Q : quintal ; R : raoul ; S : suzanne ; T : thérèse ; U : ursule ; V : victoire ; W : william ; X : xavier ; Y : yvonne ; Z : zoé. »
L’alphabet militaire de l’OTAN
L’objectif de l’OTAN est de garantir la sécurité collective des citoyens et des pays qui ont signé le traité de l’Atlantique Nord.
Après des recherches approfondies et des centaines de milliers d’essais, les techniciens de 31 nations ont convenu d’un code dans les années 1950. Celui-ci est entré en vigueur le 1er mars 1956.
L’aviation civile internationale a enregistré la prononciation correcte des mots sur un disque. Aussi, une table d’épellation officielle a été établie conformément aux accords de Genève de 1959.
« A : alpha ; B : bravo ; C : charlie ; D : delta ; E : echo ; F : foxtrot ; G : golf ; H : hotel ; I : india ; J : juliett ; K : kilo ; L : lima ; M : mike ; N : november ; O : oscar ; P : papa ; Q : quebec ; R : romeo ; S : sierra ; T : tango ; U : uniform ; V : victor ; W : whisky ; X : x-ray ; Y : yankee ; Z : zulu. » Ce code phonétique international est largement utilisé dans les communications militaires et aéronautiques pour éviter toute confusion entre des lettres aux sonorités proches. Par exemple, lorsqu’un pilote transmet un message radio, chaque lettre est épelée clairement selon ce code afin d’assurer une compréhension optimale. De plus, certaines forces de l’ordre et tireurs sportifs l’emploient pour identifier des équipements, tels que les top pistolets 9mm précis, avec exactitude.
Quelle est la réelle utilité de l’alphabet militaire ?
L’alphabet militaire vise à faciliter et à améliorer la communication au sein des équipes. Il est essentiel pour les armées de transmettre et de recevoir des messages clairs et nettement compréhensibles.
Dans la vie courante, une instruction erronée engendre des désagréments généralement remédiables. Sur un champ de bataille, une erreur de communication peut souvent être fatale.
En effet, chaque instant compte pour un soldat, et il ne lui est pas possible de demander plusieurs fois une information pour s’assurer de sa compréhension.
Parfois, les militaires se trouvent dans des environnements difficiles qui entravent une transmission efficace des messages :
- les bruits ambiants ;
- les interférences radio ;
- la distance, etc.
Il arrive qu’une instruction soit insaisissable en raison de ces perturbations. Certaines lettres, comme le “b” et le “p”, peuvent être confondues. Cela pose un problème pour les Français en particulier. C’est là que l’alphabet militaire garantit une communication claire et universellement comprise.
D’autres sons peuvent également se confondre : le “d” avec le “t” ou le “m” avec le “n”. En remplaçant les lettres par des noms, il devient impossible de se tromper. Ainsi, la lettre “a” peut être représentée par le prénom “Anatole”.
Parfois, plusieurs mots du code sont combinés pour former un seul mot. Pour transmettre le mot « Danger », il suffit de dire : “Désiré – Anatole – Nicolas – Gaston – Eugène – Raoul“.
Trois principes fondamentaux régissent une communication militaire efficace.
L’exactitude est la première des règles à observer. En tant que soldat, il est crucial de transmettre avec précision le message souhaité.
La concision aide à éviter les messages trop longs qui occasionnent fréquemment une mauvaise compréhension. Privilégiez plusieurs communications courtes à une seule longue. Une bonne transmission ne devrait pas dépasser 30 secondes.
La clarté qui est le troisième principe veut que celui qui parle ait une diction irréprochable.
La police utilise-t-elle l’alphabet militaire ou a-t-elle le sien propre ?
La police utilise également l’alphabet militaire au quotidien pour la communication. Il en est de même d’autres forces de l’armée, des services de secours, et de diverses organisations telles que :
- la Croix-Rouge ;
- la protection civile ;
- la sécurité civile ;
Même les radioamateurs en font usage.
La gendarmerie a-t-elle recours à l’alphabet militaire ou utilise-t-elle un autre ?
La gendarmerie française utilise largement l’alphabet militaire. Normalisé par l’Union internationale des télécommunications, l’alphabet militaire de l’OTAN est devenu un outil universel de communication phonétique.
Existe-t-il un code chiffré pour les militaires ?
Oui. Cet ensemble de codes numériques est utilisé pour transmettre des chiffres de manière claire et précise lors des communications militaires. L’alphabet militaire de l’OTAN comporte un code élaboré à partir de chiffres :
- 0 : zero ;
- 1 : one ;
- 2 : two ;
- 3 : three (‘tree’) ;
- 4 : four (‘fower’) ;
- 5 : five (‘fife’) ;
- 6 : six ;
- 7 : seven ;
- 8 : eight ;
- 9 : nine (‘Niner’) ;
- 10 : decimal ;
- 100 : hundred ;
- 1000 : thousand.
Three se prononce « tree » et four, « fower ». Ainsi, on évite toute confusion éventuelle avec le mot français «four». De même, on prononce « fife » le code five. Cela permet de le distinguer de « fire » qui veut dire «feu» en anglais.